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jeudi 28 mai 2009

20h45 dans le Jardin du Bien et du Mal

Comme d’habitude, je vais vous dire « regardez Arte », et bien sûr quand je verrai les résultats des audiences, je passerai ma journée à me demander si les trois téléspectateurs branchés sur la chaîne franco-allemande sont mes trois lecteurs !

Sûrement que oui.

Je vais donc vous dire « regardez Arte », et pas uniquement parce que les autres programmes sont nuls… non parce que dîtes-vous bien que l’Effaceur [France 3 ; 20h35] énième aventure d’un Schwarzie surarmé et au faciès aussi expressif qu’une bande de papier de verre est sûrement ce qui sort le plus du lot… exception faite peut-être du surprenant Agents Secrets [NRJ12 ; 22h25], du brillant Schoendoerffer fils, qui distille une histoire d’espionnage qui n’aurait pas déplu à Alfred (Hitchcock évidemment) , avec une sacrée poursuite à fond la caisse que John (Frankenheimer évidemment) n’aurait pas renié, le tout avec la classe et la sobriété du film français noir des années 50, les barbouzes en moins, la couleur en plus. Un manque de rythme, et la froideur entre les héros (Cassel et Bellucci pourtant) gâchent un peu…

Toujours est-il que c’est sur Arte que ça se passe.

Faut-il décrire le cinéma d’Eastwood ? Faut-il reprendre le traitement du Sud américain par Hollywood ? Deep South, Dirty South… une pesanteur coloniale alanguie, sur la véranda de la maison à colonnes ? Faut-il se délecter d’un salaud de riche accusé de meurtre, coupable de déviances plus ou moins répréhensibles ?

Voilà résumé sans l’être Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal [Arte ;20h45]. Son titre seul se délecte. Ses deux heures trente aussi.

dimanche 24 mai 2009

De retour avec le millésime 2003

Comme l’auront peut-être remarqué les plus attentionnés de nos lecteurs, nous avions coupé la télé quelques temps, et avec, nos critiques avisées sur les diffusions télévisuelles de la TNT. Et bien, nous voici de retour. Et force est de constater que nous pétons la forme, et que le programme télé fait de même. Avec une programmation digne d’un soir de remise de Palme d’Or au festival de Cannes… Et là, bien sûr j’ironise…

Il est vrai qu’au cours de la Quinzaine Cannoise (qui est une dizaine, soit dit en passant), les chaînes ont rivalisé de films palmedorisables, voire palmedorisés… des films de cinéma aux réalisateurs et interprètes habitués à la montée des marches, Almodovar, Soderbergh, Wenders, Eastwood, Tornatore, en passant par Indigènes et un mauvais Spike Lee.

Ce soir, à peine le nouveau palmedorisé nommé on retombe dans l’éternel duel dominical entre la une et la deux.

Dans SWAT, Unité d’élite [TF1 ; 20h45], une unité d’élite du SWAT lutte contre le crime, et en particulier contre des gars intéressés par une prime de 100 millions de dollars à quiconque empêchera ledit SWAT de transférer un méchant trafiquant de drogue à la prison. Ce film de 2003 a été tourné bien avant la crise du Subprime. Et ça se sent, car aujourd’hui, ils seraient beaucoup plus nombreux à tenter de dézinguer l’unité d’élite, car, qu’on se le dise ! 100 millions divisés par 100, ça fait toujours un million… et du coup plus de morfals à l’assaut.

Tout peut arriver [France 2 ; 20h35] est beaucoup moins bourrin. Quoique… tout dépend de comment on le résume : un vieux macho bourrin délaisse une petite bombe pour sa mère (à la petite bombe), une vieille féministe coincée… Etude de mœurs, ou comédie (qui sait ?), le justement nommé Tout peut arriver traite dans le désordre de l’intérêt du viagra pour les plus âgés, mais aussi de l’intermittence des vieilles actrices (Diane Keaton en l’occurrence), alors que les vieux machins paradent toujours comme en 40 (Jack Nicholson en l’ocurence, qui ne parada qu’à partir des années 50, soyons honnête !), de la vie en bord de mer pour personnes bien friquées (car évidemment ce film de 2003 a été tourné bien avant la crise du Subprime)…

Tout peut arriver, et finalement, il ne se passe pas grand-chose. Un peu comme le second film de la soirée, justement trop bien nommé celui-là, Pas un mot [22h45 ; France 2], thriller à la mode des tout récents, mêlant jeux de piste, et méchant a priori intelligent et a postériori totalement braque, pour lequel nous serions vraiment tenté de ne pas dire un mot… mais du coup c’est déjà trop tard.

Alors du coup, même si personne ne les regarde jamais, on se retrouve à tresser les louanges d’Arte et du ciné-club de France 3.

Sur Arte, le méga splendide classique Sunset Boulevard [20h44 ; Arte] de Billy Wilder. Sur France 3 le fantasmagorique Freaks [0h40] de Tod Browning. Mais alors ces films sont tellement des bombes, tellement diffusés et rediffusés depuis 1950 et 1932 qu’on ne trouvera jamais les mots pour vous forcer à les mater.

Ah, ben, oui… on est revenus en pleine forme d’avoir allumé la télé !


jeudi 9 avril 2009

Super Zap Me



Allons directement à l’essentiel de nos pérégrinations dans l’univers fantasmagoriques de la TNT : qu’est-ce qu’on peut regarder sans devenir malade ou dingue, ce soir ?

Rien ou presque. Prenez Super Size Me [Arte ; 20h45], ou comment un type décide de ne bouffer qu’au MacDo pendant un mois histoire de voir comment son corps réagit. Etrangement, son esprit aussi réagit…

Voyez la Tourneuse de Pages [France 3 ; 20h35], ou comment Catherine Frot, pianiste aguerrie mais en manque de confiance fait appel à Déborah François pour lui tourner ses pages, sans se douter que cette dernière à un compte musical à régler depuis l’enfance et que la vengeance se mange très très froide.

Tentez Golden Child, l’Enfant Sacré du Tibet [France 4 ; 20h35], où Eddie Murphy respecte presque toutes les règles du film d’aventures des années 80 que nous décrivions il y a peu encore, sauf que c’est lui le trouillard (quoique pas trop tout le temps).

Essayez donc Crocodile Dundee [W9 ; 20h35] ou comment respecter parfaitement toutes les règles du film d’aventures des années 80, mais sans être un film d’aventures, et seulement pour la moitié du film, Crocodile Dundee baroudeur australien sortant de sa brousse pour New-York (sans même passer par la case Sidney, c’est grave !)

Virez sur la Rencontre avec Joe Black [NRJ12 ; 20h35] ou comment la Mort s’ennuie un peu et ne trouve rien de mieux à faire que se mettre dans la peau de Brad Pitt pour accompagner Anthony Hopkins dans la vraie vie (de riche bonhomme à l’itinéraire gâté).

Sautez sur Phénomène [TMC ; 20h35] ou comment un doux gentil rêveur pas futé devient d’un coup un génie parce qu’une lumière l’a traversé pour son anniversaire.

Et plus tard, pour sombrer royalement, Kevin Costner, veuf qui a du mal à faire son deuil voit des apparitions de feue sa femme. Ça s’appelle donc Apparitions [TF1 ; 23h40] et c’est à devenir dingue de tristesse.

Bon au pire, M6 vous propose du foot : Paris Saint Germain / Dynamo Kiev [M6 ; 20h40].

mardi 7 avril 2009

Tout un chapelet pour peu de perles

Avez-vous déjà imaginé le programme télé comme un chapelet de messages qui s’imbriquent plus ou moins maladroitement ? Non ? Vous devriez essayer.

Par exemple aujourd’hui, croyez-vous que le Docteur House va tout quitter pour changer de vie, faire le Casque Bleu dans l’arsenal de Villareal, nourrissant le monde, fiers de ses rides, à la recherche d’une nouvelle étoile dans son camping-car ? Ce tendre voyou pour quatre-vingt-dix minutes d’enquêtes d’action noiera-t-il ses sombres souvenirs entre une vhs de Robocop ou une seconde de Babe le cochon devenu berger ?

C’est aussi simple que ça… Mais reprenons.

Ce soir, le Dr House [TF1 ; 20h45] officie, juste avant que Pascal le Grand Frère s’y mette [TF1 ; 20h51]. Comme nous vous l’indiquions la semaine dernière, le Dr House est là pour vous les mardis quand il y a foot le mercredi sur TF1 et foot le mardi sur Canal+. Quant à Pascal le Grand Frère, il doit aujourd’hui sauver David, un adolescent en perdition, 17 ans, viré du lycée, qui fait perdre la tête à sa mère Marie-Antoinette.

Jean-Luc Delarue nous propose un magazine de société : Tout Quitter pour changer de vie [France 2 ; 20h35]. Comme son nom l’indique, nous allons suivre les péripéties de gens qui quittent tout pour changer de vie. Evidemment nous sommes en droit de nous demander s’ils n’ont pas plutôt changé de vie parce qu’ils avaient tout quitté… (hum)… Bon et puis il y a « tout quitter » et « tout quitter », un couple qui part ouvrir un gîte dans les Vosges, est-ce vraiment comparable avec Nathalie et Denis partis avec leurs enfants vivre sous des tentes en Amérique du Sud ? Nul doute que Jean-Luc saura nous donner l’envie de devenir nomade, quitte à éteindre la télé.

Dans Casque Bleu [France 3 ; 20h35] Gérard Jugnot remmène Victoria Abril sur les terres de leur lune de miel, afin de se rabibocher après un écart (ridicule) de sa part. Pas de bol, c’est la guerre qui éclate ! D’un film qui pourrait se voir se succéder huit mille scènes de quiproquos en temps de guerre, trois mille dialogues de couple qui se déchire, Gérard Jugnot qui est aussi derrière la caméra, fait preuve d’une sobriété et d’une tempérance qui seront sa marque de fabrique pour la suite de sa carrière (exception faite des Bronzés 3, et autres Auberges Rouges, où il retombe sous la coupe de ses anciennes influences). Résultat, ces Bronzés, version balkan et casque bleu finissent en plaidoyer pour la paix… des ménages.

Je ne dirai rien sur Villareal – Arsenal [Canal+ ; 20h45] le match des quarts de finale de la Ligue des Champions, parce que comme beaucoup d’entre vous, je ne l’ai pas vu. Néanmoins, c’est le match de foot qui établira la supériorité de l’artillerie sur la marine, ou l’inverse. Etant donné que les uns sont surnommés « Le Sous-Marin Jaune » et les autres « Les Gunners »…

Ailleurs on est Fiers de nos rides [France 5 ; 20h35]. Ce documentaire traite de la nouvelle image des seniors, et des plus jeunes, les quinquas, bien dans leurs peaux et leurs prothèses dentaires, établissant une nouvelle culture de la beauté âgée. Sur Arte, on s’interroge sur l’alimentation à l’heure de la mondialisation, We Feed the World, le marché de la faim [Arte ; 20h45] pointe le doigt sur les incohérences de la production agro-alimentaire mondiale, de la déforestation, à l’unicité des cultures, en passant par le gaspillage de masse. Un documentaire peut en cacher un autre, sur France 4, JPL en camping-car : un toit pour moi [France 4 ; 20h45] va à la rencontre des Français qui invente des solutions pour se loger, squatt des immeubles vides, cabanes dans les bois, camping-car et tentes Décathlon, tout y passe. Pour la déco, il faut penser à la récup’. Enquête d’action – Business de la récup : bons plans et aranaque [W9 ; 20h35] vous y aide. Les Français sont quinze millions à chiner, brocanter, farfouiller, voire à faire les poubelles… W9 ne les a pas loupés.

Certains documentaires vont jusqu’à en mixer plusieurs. Les problèmes du logement et des rides sont abordés sans concession dans 90’ Enquêtes – Personnes âgées : le scandale des maisons de retraite [TMC ; 20h40]… Les équipes d’enquêtes de Carole Rousseau se sont lancées à fond dans le sujet pour un constat édifiant : la souffrance est réelle dans les maisons de retraite…

Heureusement, quelques films donnent le change… (hum)… Robocop : Prime Directives – Dark Justice [NRJ12 ; 20h35] dit tout dans son titre… Robocop est robot et flic, il a des directives qui ne vont pas dans le sens de la justice. Dans Dark Memories [Virgin17 ; 20h40], une jeune fille a des souvenirs lugubres lorsqu’elle doit retourner dans la maison de sa grand-mère récemment décédée. Tout ceci n’est pas très catholique, et c’est tout à fait paranormal.

Le meilleur film de tous les temps avec une 4L, c’est A la Poursuite du Diamant Vert [NT1 ; 20h35], c’est aussi l’un des meilleurs films avec un diamant ! avec le Diamant du Nil [NT1 ; 22h30]. Le film d’aventures à la sauce eighties, c’est ça : un baroudeur mal rasé, une fille plus ou moins intello mais très maladroite et trouillarde, et un petit trublion pour mettre l’ambiance. La série des Diamants respecte totalement ce genre de bandes dessinées.

Le film d’enfants c’est un autre genre, on y affirme ses rêves, malgré l’opposition des autres, et surtout malgré la stupidité du postulat de départ. Du coup, Babe le cochon devenu berger [Gulli ; 20h35] est un cochon qui devient chien de berger (et pas berger comme le titre l’indique). Au moins, il fait fi des railleries, de son état porcin, et il affirme son rêve…

Enfin, il ne manque plus qu’à être séduit par le Tendre Voyou [Direct 8 ; 20h40]. Ce tendre voyou c’est Bébel, le Bébel, Jean-Paul Belmondo, le gigolo qui vivote dans sa voie professionnelle, et qui n’arrive pas à s’en sortir…

Alors, si vous voulez que le Docteur House parte tout quitter pour changer de vie, faire le Casque Bleu dans l’arsenal de Villareal, nourrissant le monde, fiers de ses rides, à la recherche d’une nouvelle étoile dans son camping-car ? Que ce tendre voyou pour quatre-vingt-dix minutes d’enquêtes d’action noie ses sombres souvenirs entre une vhs de Robocop ou une seconde de Babe le cochon devenu berger, il va falloir que vous achetiez des piles pour votre télécommande.

Et bien entendu, avec tout ça, j'ai encore zappé la Nouvelle Star [M6; 20h40]...


lundi 6 avril 2009

On prend les mêmes que jeudi et on recommence



Si jamais vous aviez survécu conquis à la soirée spéciale de jeudi dernier consacrée par Arte à Doris Day, vous pourrez largement en reprendre une part aujourd’hui toujours sur Arte. En effet, Doris revient dans un genre totalement différent du film noir de jeudi, comme le titre l’indique rapidement : Un Pyjama pour deux [Arte ; 20h45]… Le scenario tout en pyjama de ce film relate le schéma classique de la jeune fille rangée (voire coincée) versus le voyou insolent (voire mordant)… Pour le coup, ils sont publicitaires, collègues, adversaires, puis amants. Comme quoi on savait déjà faire de bons films avec Meg Ryan dans les années 60.

Vous avez aimé Collatéral le blockbuster de jeudi dernier sur M6 ? jetez-vous dans le blockbuster du lundi : avec OSS 117 : le Caire nid d’espions [M6 ; 20h40]. Pas la peine de forcer le trait de la critique pour résumer les aventures de l’agent secret français des sixties (qui n’est certainement pas une franchouillarde imitation de James Bond qui lui-même n’était qu’une imitation d’OSS 117)… parce que cet OSS 117 est le onzième de la série ! (ou dixième, selon que l’on compte ou pas l’épisode 2, Le Bal des Espions, avec Michel Piccoli qui pour des raisons de droits cinématographiques n’a jamais pu être estampillé OSS)… Mais je m’égare.







Pour poursuivre notre réflexion sur le retour du jeudi, penchons-nous sur le cas des deuxièmes parties de soirée. Jeudi, Brian de Palma plagiait Brian de Palma pour Femme Fatale. Ce soir, il plagie Brian de Palma pour Snake Eyes [NRJ12 ; 1998]. Des preuves ? Même plan d’ouverture que pour Mission Impossible, le héros apparaît dans un écran de télévision et sort du cadre pour apparaître sur votre écran à vous. L’excellentissime plan séquence d’ouverture (17 minutes de virtuosité !!! on apprendra d’ailleurs trois ans après la sortie du film qu’il s’agit de trois plans séquences montés numériquement à la perfection !!!!), Brian de Palma l’avait déjà tenté dans le Bûcher des Vanités. Et puis la signature même de de Palma, à savoir rebondir sur l’œuvre d’Hitchcock ! femmes incendiaires et démystification du flashback (comme Alfred l’avait magistralement démontré dans le Grand Alibi)… Néanmoins, le résultat est particulièrement plus réussi que pour Femme Fatale, comme Brian de Palma le montrera par la suite, sans être transcendant, à se reproduire lui-même, il épure son style jusqu’à passer pour un vieux maître du classique. Qui l’eut cru il y a trente ans ?

Voilà pour la jeudisation des lundis… Si jamais vous désirez ne pas chambouler les calendriers hebdomadaires, rien ne vous empêche de retrouver Joséphine Ange Gardien [TF1 ; 20h45] dans le monde du rugby, ou FBI Portés disparus [France 2 ; 20h35]. Si jamais vous aviez loupé Copland [France4 ; 20h35], il y a quelques semaines (voir notre avis), France 4 vous offre une seconde chance.

Au pire, Direct 8 vous propose une Enquête Inédite [Direct8 ; 20h40] sur les coulisses des matchs PSG OM. Comment les autorités se préparent au match au sommet du championnat de France ! Passion, violence, amour du maillot… on s’étonnera quand même de la programmation d’une telle émission, qui deux semaines auparavant, juste après PSG-OM aurait semblé d’actualité, ou mieux encore, à une époque où ses matchs faisaient des ravages dans les tribunes. Car les puristes souligneront que cette année, alors que les Parisiens ont humilié les Olympiens au Vélodrome, et que ceux-ci ont rendu la pareille à ceux-là au Parc des Princes, aucune violence notable n’a été à noter.

Enfin, TMC vous propose le classique de la soirée : Opération Dragon [TMC ; 20h40]. Un classique ? me direz-vous, alors qu’à sa sortie, des critiques précisèrent que « Lee se battait comme on faisait l'amour, d'où ces plans où le combattant frappe vers la caméra, donc vers le public, pour le faire participer comme un spectateur de film porno lambda »… Et pourtant… Espèce d’aventure très cheap, interraciale, sur les riffles de Lalo Schiffrin, Opération Dragon est avant tout un film qui ne se la joue pas, parce qu’il n’en avait pas les moyens. Jamais en effet l’histoire, sa chorégraphie (assez statique), ses audaces et prouesses techniques (la fameuse scène des miroirs) ne cherchent à s’inscrire comme précurseurs au cinéma. Opération Dragon ressemble à une bonne série B, appliquée, soignée, passée à la postérité presque par hasard, non seulement parce que Lee devait mourir peu de temps après la sortie du film, mais aussi parce qu’à une période de défaite totale au Vietnam des raccourcis faciles faisaient de Lee un résistant, et qu’à la même période d’émergence de la blaxploitation, l’alliance tacite de trois héros de couleurs différentes rendait tout le monde content. Opération Dragon est un film qui ne s’apprécie que déshabillé de sa légende de classique. Au contraire même, c’est avec ses clichés ethniques gros comme des maisons de géants qu’il faut le regarder, car il s’agirait plutôt d’une photographie du scénaristiquement (in)correct des années 70. Avec son triumvirat de héros tricolores, Lee, Saxon et Kelly, Opération Dragon aligne les lieux communs à coups de parallèles entre les uns et les autres. Qu’on amène des filles aux héros, et l’un d’eux reste chaste (bon, vu qu’il fait l’amour quand il combat, il s’économise), le second se contente d’une seule et unique compagne blanche, (ce n’est pas qu’il s’économise), et le troisième se croit au supermarché (bien décidé à être à la hauteur de la réputation de sa communauté très portée sur la chose). C’est en ce qu’il contient de scènes gratuites et racoleuses qu’Opération Dragon est devenu et reste une pépite sociologique.


vendredi 3 avril 2009

Le vendredi à l'endroit



Le vendredi soir à la télé les programmes partent en week-end. Il faut les voir se donner tous rendez-vous à la gare, et prendre le train pour le soleil. Le jeudi soir, dans un sursaut d’ingéniosité ils se sont excités comme des fous (me forçant à écrire un article immense que personne n’ose lire jusqu’au bout, sauf quelques courageux), et puis le vendredi, y a plus personne, et ce jusqu’au dimanche (où je vais me retrouver avec pas moins de dix films à décrypter !!!)…

Bon quand je dis qu’il n’y a plus personne, j’ai mauvaise langue. La preuve, tous les vendredis en période scolaire depuis que mon monde est monde, Georges Pernoud est là pour Thalassa [France 3 ; 20h35]. Quant à Naguy, il présente un Taratata [France 4 ; 20h35] qui sera multidiffusé… et Jean-Pierre Pernaut sera là aussi ! Resté dans les locaux de TF1 après son journal de treize heures, et en attendant le combien ça coute du dimanche, JP nous propose une soirée agréable en compagnie d’Emilie Mazoyer. Le programme ? tout un melting pot d’extraits de journaux télévisés du monde entier, illustrant des histoires plus extraordinaires (voire extraordinairement débiles) les unes que les autres comme un gamin de six ans qui prend la voiture de ses parents pour aller à l’école, et, bien sûr comme toujours avec JP des histoires où les forces publiques dépensent de l’argent public inutilement lors d’activités débiles, comme ses flics qui lors d’une descente, se trompent de porte. Quoi de plus normal ? Mais bon, ça s’appelle quand même Le Monde à l’Envers [TF1 ; 20h45].

jeudi 2 avril 2009

Reines d'une soirée



Aujourd’hui, cher lecteur, accompagne-moi dans la jungle du paysage audiovisuel de la TNT. Entre deux ou trois parasites hertziens, une pixellisation excessive de l’image, une publicité pas raccord, nous pourrions bien mettre le doigt sur LA femme.

Toute une brochette, comme par exemple celles-là qu’il faut absolument décoder (comme souvent d’ailleurs) les Desperate Housewives Saison V [Canal+ ; 20h45] qui ont chassé ce gentil petit Dexter de l’écran. Il n’est pas coutume ici d’exposer les programmes de Canal +, néanmoins, cette diffusion avancée de cette série (les saisons des Desperate Housewives débutaient jusque là en septembre sur la chaîne cryptée) méritent qu’on y jette un œil. Non pas pour l’intrigue, mais pour cette programmation prématurée. Vraisemblablement il s’agit de lutter contre le téléchargement illégal. D’où deux questions : la saison V s’étalant de septembre 2008 à mai 2009 aux Etats-Unis, passe en Italie depuis Novembre, en Belgique et au Québec depuis deux semaines, la diffusion n’est-elle pas un peu en retard ? qu’est-ce que ça change pour une chaîne payante, parce qu’on ne nous fera pas croire que ce sont les pages de publicité de 20h50 pré-désespérées de la ménagère de moins de cinquante ans qui font vivre Canal ?

Sur ce, continuons notre exploration… les aventures de Desperate Housewives seront suivies de Weeds [Canal+ ; 22h10], les aventures de Nancy elle aussi Desperate Housewive, mais en plus veuve et dealeuse à ses heures perdues, (et elle en a perdu vachement beaucoup).

La Fashion Victime [TMC ; 20h40] est un autre type de donzelle que nous ne saurions trop vous conseiller d’éviter. Reese Witherspoon, la fashion victime en question est styliste à New-York et doit épouser le fils du maire, tout roule pour elle, sauf qu’elle n’est pas encore divorcée de son bouseux de mari qui vit toujours en Alabama. Alors elle rentre à la maison pour obtenir sa signature. Bien sûr, tout ne se fait pas sans les heurts que l’on ressentait déjà dans Le Rat des Villes et le Rat des Champs, ou dans le Loir et Cher de Delpech. On comprend mieux pourquoi le titre original était Sweet Home Alabama. Toujours est-il qu’ainsi résumé, ce film trouve tout de suite un charme merveilleux… et j’aurais presqu’envie de le voir…

Mais je lui préfère a priori les héroïnes de Reines d’un jour [France 4 ; 20h35], déjà parce que parmi les héroïnes de ce film choral se cachent des héros. Mais en tant que chronique du quotidien d’un seul jour, Reines d’un jour saute d’un personnage à l’autre et n’a pas la linéarité d’une Fashion Victime (et c’est parfois dommage)… et les chaos du jour nuisent parfois à l’homogénéité du tableau, car on ne le dit jamais assez un film choral réussi est souvent un film patchwork d’un seul fil. (Cette phrase est magnifique, faudra que je la ressorte).

Toujours des femmes, toujours des femmes, et des blondes assassines !

Soirée Doris Day sur Arte, Piège à Minuit [Arte ; 20h44] (oui, 20h44, c’est ultra précis), suivi du documentaire Doris Day superstar [Arte ; 22h30], un film et une rétrospective nécessaires, le premier pour savoir qu’un sous-Hitchcock n’est pas forcément un mauvais film et le second pour se rendre compte que Marylin a éclipsé bien des carrières qui n’avaient rien à envier à la sienne. Autre blonde d’un autre temps (mon Dieu, quelle transition de goujat) Mireille Darc propose un documentaire sur la fin de vie, Voyage vers l’Inconnue [France 2 ; 22h45] démystifie la mort en laissant parler face caméra des mourants (quoique ne sommes-nous pas tous mourants quelque part ?)… Documentaire salué sur tous les plateaux télé promotionnels, comme sensible, humain, vrai, il laisse croire qu’on aime encore plus la vie, après l’avoir vu…







Juste après sur TF1, il en reste encore une : la Femme Fatale [TF1 ; 23h45]. C’est assez dommage, ce film semble complètement pompé de la filmographie de Brian de Palma, un film de fan assurément, qui mêle voyeurisme et photographie, enregistrements magnétiques qui dévoilent un peu trop le passé comme dans Blow Out ou Body Double, deux filles qui se ressemblent trop pour que ce soit vrai comme dans Body Double, une foison de travellings qui longent les bâtiments la nuit, des scènes de toilettes, des références hitchcockiennes… et j’en passe. Femme Fatale est un film de de Palma. Gangsters, mystification, échange d’identités, des ingrédients parfaits pour un réalisateur qui ne s’ingénie pas trop, ne force pas son talent, et finit par un film presque nian-nian.







Ou sinon, y a des films sans trop de filles. Comme Hollywood Homicide [NRJ 12 ; 20h35] le buddy movie qui tente de nous faire croire qu’Harrison Ford est une star sur le retour et Josh Hartnett une star en devenir. Malheureusement, vue que la mayonnaise ne prend pas dans cette enquête policière hollywoodienne, Hollywood Homicide ressemble à une comédie policière sans intérêt, pas mauvaise et pas bonne à la fois. Mais évidemment, vous allez me dire : qu’est-ce qu’un buddy movie ?

C’est un genre cinématographique hors-du-commun qui consiste à réunir à l’écran deux héros très différents qui doivent vivre des aventures ensemble. Le genre a toujours bien fonctionné dans les comédies policières américaines. D’ailleurs là-bas aux states, on ne dit pas buddy movie, mais carrément buddy cop, référence faite à 48 heures (Eddie Murphy + Nick Nolte), l’Arme Fatale (Mel Gibson + Danny Glover) ou Rush Hour (Jackie Chan + Chris Tucker)… à l’évocation de ces trois exemples, il ne faut pas se méprendre : il ne suffit pas de mettre un flic noir avec un flic d’une autre couleur : La Relève (Clint Eastwood + Martin Sheen). Parfois on a même pas besoin de policiers, comme Pierre Richard et Gérard Depardieu l’ont prouvé à maintes reprises : la Chèvre, les Compères… ou Louis de Funès et Bourvil dans la Grande Vadrouille, certainement le meilleur buddy movie de tous les temps.

Ce qui nous emmène à Collateral [M6 ; 20h40] Tom Cruise et Jamie Foxx qui ne se connaissent ni d’Eve ni d’Adam, doivent passer la nuit ensemble le temps qu’un tueur refroidisse plusieurs cibles dans tout Los Angeles. Et bien détrompez-vous ! ce n’est pas un buddy movie, dans le sens où les héros ne vivent pas les aventures ensemble, mais plutôt l’un contre l’autre (au sens le plus frigide du terme). Cruise tueur à gage (dont malheureusement la seule performance tient à avoir fait une couleur) se sert de Foxx un taximan paumé pas très confiant en lui, pour aller d’un meurtre à l’autre. Commence un huis-clos en pleine ville, celui d’un otage en taxi dans une ville qui ressemble à une succession de rues dangereuses. Filmé par un génie des extérieurs nuit, Collateral souffre essentiellement d’un Tom Cruise qui se croit tiré d’un bon Melville et qui semble avoir voulu jouer à Delon pendant les deux heures du film. L’imitation est presque réussie, mais date de l’époque où Delon se mit à faire du Delon. Heureusement, sur l’autre plateau de la balance, Foxx qui excelle dans les films de Michaël Mann (Ray, ou Deux Flics à Miami) rend son inquiétude très sensible, très marquante, et sa révolte intérieure ne manque pas d’être contagieuse.


mercredi 1 avril 2009

Invincibles et rien d'autre



S’il y a bien un film à ne pas manquer cette semaine, c’est le prodigieux Invincibles [NT1 ; 20h35], petite série B très confidentielle, ce téléfilm ne fait pas que flirter avec la réussite, il lui fait sauvagement l’amour et touche à l’excellence.

Comment vous expliquer ?

Alors c’est Billy Zane (oui ! Billy Zane de Titanic, Calme Blanc, Retour vers le Futur, Pocahontas 2…), donc je disais, c’est Billy Zane qui interprète Os, un personnage mythique âgé de 2000 ans, qui a la bonne idée de transmettre à quatre jeunes guerriers sa maîtrise des arts martiaux. Ses disciples, qui personnifient respectivement les quatre éléments (mais qui auraient très bien pu faire les quatre saisons, les quatre matins, les quatre volontés, les quatre cents coups, tant leur talent explose devant la caméra), donc je disais, les quatre jeunes guerriers l'air, l'eau, le feu et le métal, ont six jours pour empêcher la destruction pure et simple du monde.

Du moins, quand je dis « pur et simple », (ou à vrai dire quand je recopie « pur et simple » d’un vague résumé trouvé sur le net), tout n’est pas si facile comme chantaient les NTM, avant de poursuivre que tout ne tient qu’à un fil. Et ils n’avaient pas tort ou presque car les Anges noirs, prisonniers de la Terre, ont en effet décidé d'abattre les murs de leur prison pour rejoindre leur chef, Slate. Ce sinistre individu possède la moitié d'une table ancienne, tandis qu'Os détient l'autre. Les deux morceaux réunis sans le formulaire IKEA ont le pouvoir de détruire la Terre. L'ombre et la lumière s'affrontent en un ultime combat qui va sceller le sort de la planète bleue...

Et sincèrement, je vous jure que c’est bien le film à ne pas manquer cette semaine. Pour ceux qui douteraient de la qualité de mes appréciations, il y aura toujours le dernier épisode de Louis Page, Cran d’Arrêt [France 2 ; 20h35] qui est vraiment le dernier des épisodes de cette série trépidante, où un prêtre Louis Page sillonnait la France de long en large sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle depuis sa première apparition en 1998. Chaque épisode le confrontait aux dures réalités du monde, et tel un prêtre assistant socialo-moral pas très évangéliste, Louis Page guérissait les maux du monde. Ce sera donc sa dernière aventure, et rien que pour ça, ça vaut le coup de le voir une dernière fois se faire accuser d’un meurtre qu’il n’a évidemment pas commis, et attendre que le vrai coupable se dénonce. D'autant qu'au bout du compte, il n'arrivera jamais au bout de son pélérinage à Saint-Jacques de Compostelle (quoiqu'on puisse toujours espérer un épisode en cross-over, où il se ferait prendre en stop, sur France 3, par Louis la Brocante !)

Dans le même temps les Bleus [M6 ; 20h40] remettent ça. Ces jeunes policiers qui font des petites gaffes de débutants dans des intrigues super compliquées sont toujours des bleus, saison après saison… à moins que le titre ne soit qu’une référence à leur uniforme.

Du coup, il paraît évident que le programme à ne pas louper de la soirée est INVINCIBLES, tout comme il est évident que TF1 aura la meilleure audience de la soirée avec France – Lituanie [TF1 ; 20h45].
Du coup vous priant d’apprécier mon merveilleux poisson d’avril, je vous souhaite d’ores et déjà une excellente soirée.

mardi 31 mars 2009

En attendant non pas Godot mais Roméo



Rappelez-vous, c’était dimanche dernier. Vous veniez de passer sur ce chouette blog qu’est Maximgar à la Chaîne pour vous faire une petite idée du programme du soir. Vous vous êtes dit sans hésiter : « Je regarde A History of Violence », puis vous avez hésité « Que dois-je enregistrer en parallèle ? » King Kong ? La Maison du Bonheur ? Casino ? qu’importe… l’important c’est de s’être réservé une solution de rechange pour soirée monotone.

Le souci, c’est qu’une fois mardi arrivé, force est de constater que votre solution de rechange vous l’avez utilisée lundi…

Alors que faire en attendant Roméo + Juliet [Virgin 17 ; 22h20] ?







Regarder le téléfilm austrogermanique qui précède ? Avalanches [Virgin 17 ; 20h40], vraisemblablement une programmation spécial printemps ! Suivre un documentaire sur les tatoueurs les tatoués les percés ? Tatoué, percé… ceci est mon corps [France 4 ; 20h35]. Applaudir aux auditions de la Nouvelle Star [M6 ; 20h40] parce qu’exceptionnellement même un mardi on est prêt à en causer ici dans ce magazine ! Faire vos comptes et vous demander combien de fois Clint Eastwood est passé sur France 3 cette année en jetant un œil sur l’Homme des Hautes Plaines [France 3 ; 20h35] avec Clint Eastwwod que vous avez déjà vu dans l’Epreuve de force, la Relève et Pale Rider. Redécouvrir Victor Hugo avec un bon pavé, ou Les contes et nouvelles du XIXème siècle : Claude Gueux [France 2 ; 20h35]. Ou encore chercher à comprendre pourquoi il y a les Experts : Miami [TF1 ; 20h45] alors qu’il n’y aura pas le Dr House le lendemain pour cause de foot, alors, que quand c’est la Ligue des Champions et que Canal+ diffuse un match le mardi et TF1 le mercredi, la chaîne du bâtiment n’hésite pas pour le confort des fans fidèles du gentil docteur à le programmer le mardi, tant pis pour Horatio et sa bande…

A la rigueur, vous devriez sortir, danser avec des amis. Blake Edwards vous attend sur Gulli, avec The Party [Gulli ; 20h35] pour la meilleure fête jamais filmée par le meilleur réalisateur des scènes de fête jamais filmées.







Et puis me direz-vous, est-ce que ça vaut vraiment le coup d’attendre le Roméo+Juliet de Baz Luhrmann ? Non, il est juste idéalement clipé, prodigieusement adapté, singulièrement léché…

lundi 30 mars 2009

Mon désarroi à moi






C’est étrange comme je me retrouve souvent à faire la promotion d’Arte, alors qu’en fait, pour vous dire la vérité vraie, je ne la regarde quasiment jamais cette chaîne. Vous me direz que je ne regarde quasiment jamais ce dont je parle dans mes brillants articles (quoiqu’à cette minute précise je tape mon texte les yeux fixés sur le Thunderball de James Bond), mais c’est parce que pauvre de moi, j’ai toujours cette impression d’avoir déjà tout vu. Je m’interdis carrément d’aller au cinéma ou de louer des DVD pour profiter tranquillement de Canal+… Mais bon tout ceci est une autre histoire…

Bien sûr il n’y a pas qu’Arte. Ailleurs, Robert de Niro et Sean Penn qui s’échappent de prison ont la bonne idée de se faire passer pour des pasteurs. Sur un autre canal, Rick Moranis pas mécontent d’avoir rétréci les gosses une fois, a agrandi le bébé. Par ailleurs, Philippe Chevallier dont la femme s’appelle Régis Laspalès se rend compte que sa femme a un nom qui rime avec Régis. Dans le caniveau des rues de Los Angeles, un volcan se réveille et Tommy Lee Jones compte bien le refroidir.

Maintenant que vous avez toutes les intrigues, il ne vous reste plus qu’à retrouver les titres : Volcano [TMC ; 20h40], Ma Femme… s’appelle Maurice [W9 ; 20h35], Nous ne sommes pas des anges [France 4 ; 20h35], Chérie, j’ai agrandi le bébé [NRJ12 ; 20h35]…

Alors il reste Arte, et le drame de Volker Schlöndorff, et son chef d’œuvre d’initiation (dans le fond, mais aussi dans la forme puisqu’il s’agit de ses débuts) Les Désarrois de l’élève Törless [Arte ; 20h45]… Humiliation, violence, cruauté, masochisme, homosexualité, passivité excessive face à l’injustice… un crescendo vers une révolte finale à l’aube du XXème siècle, respectueux de l’œuvre originale de Robert Musil.

dimanche 29 mars 2009

Une Histoire de Beurre






Un jour, quand Dany Boon aura réalisé quatre ou cinq films, les critiques avisés se pencheront sur La Maison du Bonheur [TF1 ; 20h50] et ils y relèveront tout ce qui fait le style du grand réalisateur ch’ti… Un peu comme les gens qui prennent le temps de noter tout ce qui dans Butch Cassidy et le Kid [Direct 8 ; 20h40] sera en écho dans l’Arnaque. De même, certains cherchent dans tous les films de Scorsese des répétitions, des signatures, et Casino [TMC ; 20h40] est un Scorsese tout ce qu’il y a de plus Scorsese, fleuve, bruyant, lumineux, musical, monté à la vingt-quatrième de seconde près. Quant à Timecop [NT1 ; 20h35], c’est un Van Damme tout ce qu’il y a de plus Van Damme.

Arte nous propose un exercice différent. Prenez la version de King Kong [Arte ; 20h45] de John Guillermin. Vous ne pourrez vous empêcher de la comparer à l’originale (celle que tout le monde prétend avoir vu) et à l’ultime, la version de Peter Jackson (celle que tout le monde prétend avoir vu jusqu’au bout)… Effets spéciaux mécaniques, trame pas du tout identique (c’était le bon vieux temps du World Trade Center tout neuf, et pas de l’Empire State Building… belle époque), à la trappe la notion de crise, quoique le tout ayant été transféré aux années 70. Il y a bien des choses à dire.

Pour les fans de Kill Point [France 4 ; 20h35] la prise d’otages se poursuit mais pas exactement là où elle s’était arrêtée. En effet, imaginez que vous êtes programmateur pour une chaîne de télévision. Vous devez diffuser une série en huit épisodes à raison de trois épisodes par soirée. Comment vous y prenez-vous ? Rien de plus simple pour France 4, A) épisodes 1/2/3 ; B) épisodes 4/5/6 ; C) épisodes 6/7/8… Ce qui vous permet d’arriver en retard, ou de faire la vaisselle…

Ou de vous installer devant France 2, et A History of Violence [France 2 ; 20h35]… Dans ce film, David Cronenberg commence tranquillement, lui qui est connu pour sa démesure d’hémoglobine, d’horreur, voire de science-fiction. Un petit village tranquille, un petit braquage minable où le gentil cafetier pète la tête à tout les méchants avec une habileté déconcertante… soudain des vrais malfrats bien plus sérieux se ramènent en ville persuadés d’avoir retrouvé l’homme qu’ils recherchent depuis longtemps. La narration est tout aussi déconcertante que l’acte héroïque du personnage principal. Fluide et mécanique à la fois, entre la tragédie grecque made in boucherie et la lenteur du film noir french touch année 60… A History of Violence passe toute seule, et donne une impression finalement dérangeante de violence ordinaire.

Moins ordinaire dans la violence, suit James Bond, l’épisode 4 ! Thunderball [France 2 ; 22h15] Le James Bond, où James Bond a commencé à devenir représentant en gadgets en tout genre.

Du coup, vivement 23h45 et le Dernier Tango à Paris [France 3 ; 23h45]. Ce film, resté dans les mémoires pour avoir relancer la consommation des plaquettes de beurre, n’en reste pas moins un classique du cinéma, alors qu’il avait été classé X sulfureux à sa sortie dans plusieurs pays (on a vraiment du mal aujourd’hui à comprendre pourquoi, plaquette de beurre mise à part). Deux personnages aux tournants de leurs vies, le Vieux Paris qui laisse la place à Montparnasse, le Brando saison II qui dit définitivement aurevoir au Brando saison I. Faut croire qu’on ne danse plus du tout le tango à Paris ! Quant à la magie du film, déshabillé de son caractère sulfureux, avec ses dialogues un peu beaucoup pas mal vieilli, il tient surtout pour son caractère historique et légendaire.


vendredi 27 mars 2009

Vendredi c'est vivement dimanche


Il y a bien une nouvelle série policière sur France 2, Action Spéciale Douanes [France 2 ; 20h35]… bien sûr, ça se passe à Marseille, comme Plus Belle la Vie, les épisodes ont un format 55 minutes, ça fait plus branché qu’un Navarro, c’est sûr.

Mais, il faut dire la vérité, rendre à César même ce qu’il a volé : c’est Wikipedia qui en parle le mieux :

« Action spéciale douanes est une série française créée par des scénaristes qui ont fait jouer leur droit moral et fait retirer - en signe de protestation - leurs noms du générique après avoir visionné les films tournés. »

Alors oui, je n’ai pas honte de le dire, en ces temps de crise, moi je regarderai Canal+ Cinéma, avec un drame mexicain au pitch incroyable (pour un vendredi)…

La Zona, propriété privée [Canal+ Cinéma ; 20h45] où l’intrusion dans une zone résidentielle bourgeoise et impénétrable de trois jeunes pouilleux va transformer les résidents en bête sauvage du tout sécuritaire à tolérance zéro.


jeudi 26 mars 2009

Un jeudi tout puni


On a parfois l’impression que certaines chaînes tombent sur un catalogue tombé du camion. Elles y trouvent une idée et en font une thématique pour huit semaines.

Serait-ce exagérer de croire que TMC va réserver tous ces jeudis soirs à Jackie Chan ? On ne sait jamais, si vous avez aimé le Tour du Monde en 80 jours la semaine dernière, vous aimerez sûrement Shangaï Kid [TMC ; 20h40] ce soir… (Pas d’inquiétude la semaine prochaine ce sera Reese Whiterspoon…) Ce soir, donc Jackie est Chon Wang (prononçez : Chon Wayne) dans un western endiablé à la recherche de la princesse Pei Pei tout en supportant Owen Wilson (équivalent de Chris Tucker dans Rush Hour en tout aussi irritant, mais plus blond et blanc)…

Dans le même temps, France 3 a bien récupéré un catalogue de scenarii pour en faire un téléfilm unique : Jamais 2 sans 3 [France 3 ; 20h35] comme son nom l’indique ne s’embarrasse pas de trois histoires quand deux suffisent. Ainsi un homme qui vient d’apprendre qu’il va bientôt être papa de l’enfant de son ex passe une nuit de folie en boîte, finit avec un homme qui s’avère être son nouveau collègue, car ils sont flics, et flic et gay ça se marie mal, ajoutez à ça que le personnage en question appartient à une minorité visible et vous obtenez le pamphlet qui manquait à la culture actuelle concernant le mouvement des couples gays interraciaux abordant la difficile question de la paternité dans le milieu de la police.

Il y a bien le très bon Sixième Sens [M6 ; 20h40], mais quand on l’a déjà vu trois fois, en connaissant la fin, quel intérêt ? Il y a bien Spartan [France 4 ; 20h35] thriller mêlant guerre au Moyen-Orient, magouille à la Maison Blanche, et patriotisme pur jus, mais j’aurais l’air de quoi, si je cautionnais ce truc ?

En deuxième partie de soirée TF1 propose The Punisher [TF1 ; 23h40] adaptation d’un comic plutôt sympathique (le comics comme l’adaptation), plus proche du zéro neurone qu’autre chose, mais néanmoins assez jouissive surtout quand Travolta se fait taper dessus !







Y a pas à dire, on a connu des jeudis plus funkys !

mercredi 25 mars 2009

Un mercredi de sorties de ciné


Que peut-il bien se passer dans le Dr House [TF1 ; 20h45] ? Quels beaux paysages ne va-t-on pas se mettre plein la vue quand Des Racines et des Ailes [France 3 ; 20h35] s’attaque à L’Italie côté Sud, Naples, Capri, Amalfi ? Qui de Chouchou ou Loulou verra le loup quand l’autre se prendra le chou pendant les 180 minutes d’Un Gars Une fille [France 4 ; 19h45] ? Qui compte sombrer pendant les documentaires de guerre sous-marine d’Arte, Sabordage aux Dardanelles [Arte ; 20h45] et La Guerre Froide Sous-Marine [Arte ; 21h35] ? Y a-t-il un rapport avec Terrorisme en haute mer [NT1 ; 20h35] ? Et franchement, c’est quoi ça ? La Guerre des Mondes 2 [NRJ 12 ; 20h35]…

France 2 se démarque… évidemment il y a toujours quelque chose de plus démarqué que le reste… Mais bon, disons qu’entre l’Ice-T de terrorisme en pleine mer, et la crainte que m’inspire La Guerre des Mondes 2, Daniel Russo m’inspire confiance dans le téléfilm Le Doux Pays de mon enfance [France 2 ; 20h35]… quoiqu’il n’inspire pas confiance longtemps. Ce père de famille modèle convoqué par un juge d’instruction pour une ceinture mal bouclée, s’avère ne pas être l’homme qu’il prétend être depuis 17 ans…

Sinon, au cinéma, il y a bien Duplicity, les Trois Royaumes, La Première Etoile, Le Chihuahua de Beverly Hills ou… La Journée de la Jupe.

mardi 24 mars 2009

De David Gale au Clan des Siciliens...




Une fois n’est pas coutume, la parole est à NT1. La dernière fois que j’ai dû parler en termes élogieux d’un programme diffusé sur cette chaîne, c’était, en gros, il y a tout juste un mois, à l’occasion de la retransmission du film Arlington Road. Que dire de NT1 ? Cette chaîne anciennement appelée La Quatre (allez savoir pourquoi) débaptisée pour pas confondre avec France 4 (anciennement Festival) a été conçue par AB Groupe, du coup, ,c’est une sorte d’hybride de RTL9 et d’AB1 qui se veut pour M6 ce que M6 est à TF1… tout en restant du coup une vraie chaîne de la TNT, orientée séries et émission de vraie fausse réalité…

Son heure de gloire a lieu tous les soirs à 19h45 avec la diffusion de la série How I met your mother. Sa soirée de gloire ce soir se compose dans un premier temps de La Vie de David Gale [NT1 ; 20h35] puis d’A tombeau ouvert [NT1 ; 22h50].

Avec David Gale, vous avez l’occasion de passer quelques jours avec Kate Winslet qui le temps d’une enquête tout en rebondissements risque de prouver que ce professeur de Kevin Spacey, ancien militant contre la peine de mort, qui attend justement dans le couloir de la mort, est bien innocent de tout crime… ou peut-être pas… toute l’histoire repose sur cette innocence toujours plus évidente, mais toujours moins innocente. Quant au tombeau ouvert, il est l’occasion de passer ses nuits avec Nicolas Cage toujours aussi dépressif, mais certainement pas déprécié. Scorsese est à la caméra dans ce New-York qu’il adore, celui sombre d’After Hours, le violent de Gang Of New-York, le crasseux de Taxi Driver ou de Mean Streets, et il y filme les déambulations d’un ambulancier hanté par les fantômes de ceux qu’il n’a pu sauver. Psychédélique, presqu’épileptique, hachuré, virevolté du voltage, A Tombeau Ouvert (au titre exceptionnel, voire mille fois mieux que dans sa version originale : Bringing out the Dead) c’est une plongée électrique dans des nuits d’enfer, sous les alléluias d’un Ving Rhames déchaîné, les vociférations de Tom Sizemore, la frêle ombre de Patricia Arquette, et Van Morrison, Sinatra, the Who, ou Burning Spear à fond les baffles.









Mais c’est aussi une grande soirée dédiée au cinéma français dans toutes les gammes (ou presque) de la French Touch.

Le Franchouillard Style, avec le Triporteur [Direct 8 ; 20h40], où Darry Cowl part en triporteur pour la finale de la coupe de football où participe l’équipe de son village. Fulgurant road-movie à 15 kilomètres par heure, c’est le film qui aura vu la naissance de l’expression « Petit Canaillou, va ! »… dans le livre original, René Fallet déchirait déjà de toute sa classe la langue française « Dans son arrière-boutique, folle d'amour, la fleuriste effeuillait toutes les marguerites », il faisait déjà rebondir les idées saugrenues « Dans son arrière-boutique, la fleuriste cultivait des arrière-pensées » , là le film qui semble toujours tout en improvisation déchire tout seul les Carambar, avec le coup du klaxon, « Une trompe amovible, voilà. Elle est à moi, mais elle est amovible aussi. »








La Nouvelle Génération Style, ou les débuts de Jean-Pierre Jeunet (alors inséparable de Marc Caro), c’est dans Delicatessen [Virgin 17 ; 20h40] le film qui jette les bases du cinéma de Jeunet, par sa galerie de personnages atypiques, par sa lumière, par sa construction en dominos bien illustrée dans l’extrait suivant :








La Vieille Classe Style, en réunissant trois monstres générationnels, Gabin, Ventura, Delon, dans le Clan des Siciliens [France 3 ; 20h35] ferme le triptyque, et marque les esprits. Parce qu’au-delà de l’histoire (l’intégration d’un jeune loup dans une famille de mafieux alors qu’un commissaire aigri rôde), au-delà de la musique (partition impeccable d’Ennio Morricone), au-delà du coup d’éclat (le vol d’un avion, au sens pas le plus commun du vol pour un avion), c’est essentiellement le casting qui fait le Clan des Siciliens. De toute évidence, tout ceci serait impossible aujourd’hui même avec un mauvais scénario, même si on ne supporte pas Delon. A générations équivalentes, Gabin n’a pas d’équivalent, (alors on dira Piccoli, ou Trintignant, Belmondo, ou Delon…), Ventura non plus (bon, allez, Depardieu…), Delon non plus (Guillaume Canet, Gaspard Uliel…) Donc, reprenons le Clan des Siciliens aujourd’hui, avec Piccoli, Depardieu, et Guillaume Canet… vous iriez le voir vous ?






lundi 23 mars 2009

Décongélation immédiate

Lorsqu’on se fait un repas aux micro-ondes, ce qui compte, ce n’est pas tant le micro-onde que les plats surgelés. Cette vaillante maxime caractérise facilement la soirée à venir.







Réchauffer La Planète des Singes [TMC ; 20h40] de Tim Burton, ce n’est pas comme réchauffer Sphère [W9 ; 20h35]. Dans le premier on pense à tort que Tim Burton ranime un vieux film de 1968 avec Charlton Heston (qui, le pauvre n’avait plus le même charisme qu’à l’époque, passé du Dieu Grec au vieux faite-chier pro arme) et ses quatre suites pas terribles, alors qu’il relit fondamentalement le roman original de Pierre Boulle et s’amuse à employer Charlton Heston à contre-emploi dans un plaidoyer contre l’armement d’anthologie. Malheureusement ce film pousse Tim Burton touche à ses limites de réalisateur, essentiellement dans les scènes en extérieur au soleil (où il progressera soudainement avec un Big Fish plus adapté à sa fantaisie), mais le travail des acteurs poilus est hors-norme et Tim Roth est époustouflant dans son interprétation simiesque. Dans Sphere, Barry Levinson (Good Morning Vietnam, Rain Man, ou le Secret de la Pyramide) adapte Michael Crichton (Jurassic Park, Soleil Levant, Harcèlement…) avec un résultat assez mitigé, puisque d’une idée faussement originale (des scientifiques vont visiter un vaisseau spatial perdu dans les profondeurs et tombent sur une sphère qui leur donnera un mystérieux pouvoir), il tire un film assez banal, proche d’Abyss, des X-Files, de la 4ème dimension. Le casting plutôt alléchant sauve la mise : Dustin Hoffman, Sharon Stone, Samuel Jackson, Peter Coyote, Liev Schreiber et surtout la Sphère sont bien en place.

Un peu comme Steve Martin et Eddie Murphy lorsqu’ils font les pitres dans Bowfinger, Roi d’Hollywood [NRJ12 ; 20h35]. Le premier est producteur de série Z et veut engager la superstar de second pour tourner dans son nanard. Face à son refus, il se contente tout bêtement de le filmer en caméra caché, ou d’engager son sosie… si le cinéma était si facile, tous les films seraient Bowfinger, Roi d’Hollywood… Faut que je réfléchisse sérieusement à cette idée.

Une fois n’est pas coutume Arte se détache du lot… (et réussit parfois des exploits phénoménaux, comme les 2 millions de téléspectateurs enthousiastes à l’idée de retrouver Isabelle Adjani, vendredi soir, poussant la chaîne vers ses plus beaux records)… Propriété Interdite [Arte ; 20h45] est le second film du regretté Sidney Pollack (On achève bien les chevaux, Les Trois jours du condor, Tootsie, Out of Africa…) et sa première rencontre avec Robert Redford. Il y filme Nathalie Wood, le Deep South humide moite et pluvieux, une pièce de Tennessee Williams comme si on en avait tous en nous quelque chose de lui, un grand mélo au plus classique sens du terme, mais avec une brièveté frustrante et une émotion parfaites.

dimanche 22 mars 2009

Les Ailes de James Bond prisonnier





Il existe plusieurs types de soirées James Bond. Les très mauvaises où Roger Moore croise un Sean Connery à moumoute, les exécrables avec Timothy Dalton en vedette principale unique, les modernes où Pierce Brosnan se confronte à Daniel Craig.

France 2 a opté pour le duo Brosnan / Moore. Episode 19 / Episode 12. Demain ne meurt jamais [France 2 ; 20h35] / Rien que pour vos yeux [France 2 ; 22h40]. Dans sa première aventure James est confronté à un méchant magnat de la presse, et il devra céder aux avances d’une desperate housewive, Terry Hatcher, et d’une spécialiste des arts martiaux Michelle Yeoh. A titre de comparaison, Roger Moore dans le deuxième film doit se contenter de Françaises célèbres : Carole Bouquet et une 2CV. Dans Demain ne meurt jamais, le titre veut dire quelque chose, puisque le journal du magnat de la presse s’appelle « Demain » et qu’effectivement c’est un dur à cuire. Alors que dans Rien que pour vos yeux, il s’agit de la traduction littérale d’un jeu de mots intraduisible. Alors gadgets, explosions, poursuites, petites pépés, et brushings parfaits, voilà de quoi égayer une soirée. Sauf à s’endormir au milieu du premier film pour se réveiller au milieu du second… là ce serait galère, comme en témoignait notre premier reportage vidéo, et comme en témoignera le suivant :







Si l’acteur change parfois les choses dans les James Bond, sans déranger aux principes (gadgets, explosions, poursuites, petites pépés et brushing parfaits), le casting ne change pas vraiment les choses dans les productions blockbusterisantes de Jerry Bruckheimer. Ce dernier au milieu des années 90, se mit à utiliser la recette : star montante + situation explosive + cascade + plus un plan culte avec prise de vue au ralenti pour montrer toute la rage de vaincre du héros… Soit, dans l’ordre : Bad Boys (1995), The Rock (1995), Les Ailes de l’enfer (1997), Armageddon (1998), 60 secondes chrono (2000), Pearl Harbor (2001), jusqu’à Bad Boys II (2003) pour boucler la boucle… Résultat du spectacle pop-corn avec sa séquence explosion, et l’assurance d’avoir un casting de rêve. C’est le cas avec Les Ailes de l’enfer [TF1 ; 20h45], où Nicolas cage rentre chez lui dans un avion rempli de criminels haute catégorie : John Malkovich, Ving Rhames, Steve Buscemi ou Danny Trejo. Au sol, John Cusack fait de son mieux, pour que ces bourrins de militaires ne fassent pas sauter l’avion détourné par la mauvaise troupe. Mais ce n’est pas l’unique façon de s’en sortir quand on n’aime pas James Bond !







Les amateurs de Kill point : Dans la ligne de mire [France 4 ; 20h35] retrouveront leur prise d’otages où justement les otages ont décidé de se débrouiller par eux-mêmes, vu que personne ne vient les chercher. Les preneurs d’otages aussi sont bien décidés à se débrouiller comme des grands, avec les anciens de leurs bataillons qui les attendent dehors. Ces trois épisodes seront suivis des premiers épisodes assez réjouissants de la première saison de Dirt [France 4 ; 22h40], ou le quotidien de la rédactrice en chef d’un journal people plutôt dirt.

Paul Newman est Hombre [Direct 8 ; 20h40], pour un classique du western, où le héros solitaire taciturne et indien par-dessus le marché s’occupe de résoudre au six-coups l’affaire d’une attaque de diligence chargée d’emmener de l’argent dans les réserves. Idéal pour les amateurs de western, mais mille fois vu par ces mêmes amateurs.







Rappelez-vous alors, la joie de la Balle aux Prisonnier ou Ballon prisonnier, selon les régions et les écoles. Quel plaisir de s’envoyer des ballons à la figure comme des sauvages. Ben Stiller et Vince Vaughn vont s’en mettre plein la tête. Le premier est directeur d’un club de gym ultramoderne et veut acheter celui du second, tout pourri pour en faire son parking. Comme le second est en faillite, l’affaire est presque dans le sac. Sauf qu’avec ses fidèles clients et amis, ils comptent bien gagner la compétition internationale de Ballon prisonnier !!!

C’est Dodgeball ! Même pas mal ! [W9 ; 20h35], et c’est sûrement pas ce qu’il y a de pire ce soir ! Loin de là !!! Même Wikipedia s'en étonne en citant les critiques des journaux de l'époque :


Un concours de balle au prisonnier drôlissime d'un bout à l'autre Ciné Live
Même pas mal ! évoquerait lointainement un film de Laurel et Hardy sous amphétamines Le Monde
hilarante, amorale et politiquement incorrecte Studio Magazine
plus les personnages se font mal et plus c'est hilarant Télérama

Et je suis totalement d'accord !


vendredi 20 mars 2009

La Soirée de la Jupe

L’évènement du jour, c’est elle : Isabelle Adjani. Non vraiment, parce que partout où que vous lisiez, les critiques sont unanimes : parfaite, formidable, intense, exceptionnelle, jusqu’à des « Isabelle Adjani incarne la dernière grande star européenne », chant du cygne idolâtre certainement gribouillé par quelqu’un qui aurait oublié entre autres Kate Winslet, Julie Christie, Penelope Cruz, Catherine Zeta-Jones, Keira Knightley, Catherine Deneuve ou Juliette Binoche… Mais passons, l’évènement, c’est ce retour, tant attendu qu’on ne sait même plus depuis quand on l’attendait.

Et puis pour une fois, qu’il y a quelque chose à raconter le vendredi ! La Journée de la Jupe [Arte ; 20h45] est un téléfilm franco-belge avec Isabelle Adjani (on ne se lassera pas de le répéter) qui a reçu un tel accueil de festivals en projections tests, que ce dernier sortira sur grands écrans mercredi prochain ! Rien que ça… alors on en attend le plus grand bien, logiquement, de fil en aiguille et instinctivement, et pas uniquement parce qu’il s’agit d’un retour d’Isabelle Adjani. La Journée de la Jupe, c’est l’histoire de Sonia (magistralement interprétée par Isabelle Adjani), une prof dans un établissement difficile, avec le bol plein de soucis, qui trouve une arme à feu dans le sac d’un de ses élèves. Du coup, elle prend le flingue et mène tout le monde à la baguette comme s’il s’agissait d’une épée, sauf que c’est un flingue. Prise d’otages, et montée des tensions, à l’intérieur du huis clos, et à l’extérieur où les gendarmes, le RAID, l’administration et le gouvernement ne savent comment donner la réplique juste (à Isabelle Adjani évidemment, quoique Jackie Berroyer et Denis Podalydès ne soient pas là comme deux pauvres faire-valoir).

Là, une question vous taraude ! Pourquoi La Journée de la Jupe ? Eh oui, parce qu’à force de ne parler que d’Isabelle Adjani, on en oublie l’essentiel (et ce ne sont pas les fans de Jackie Berroyer qui me contrediront !) Notre héroïne Sonia porte des jupes, à tel point que ça excite les côtés obscurs des élèves et que son principal ne cesse de lui faire remarquer : « Ne portez pas de jupe ! » (formidable Jackie Berroyer !), ce abandon désespéré de sa hiérarchie, et l’irrespect pour cet habit si féminin, si classe, si propet (parce qu’il ne s’agit pas d’une mini-jupe), obligeront Sonia à réclamer parmi ses revendications « une journée de la jupe »… mais pas que ça. Et c’est dans le pas que ça, que réside toute la puissance de ce téléfilm, lorsque le pas que ça, les difficultés de la vie, les heurts sociaux, les défiances raciales, le déséquilibre générationnel, s’invitent dans le huis-clos.

Il y a des vendredis comme ça.


jeudi 19 mars 2009

Le Tour de la Soirée en 80 secondes !


Ce titre vous laisse songeur, circonspect peut-être ? Mais tout lecteur assoiffé de bons mots pourra lire cet article en une minute vingt ! Aucun souci…

Et puis ce soir, Jackie Chan, Cécile de France et Steve Coogan, font bien le Tour du Monde en 80 Jours [TMC ; 20h40]. Du moins Cécile de France ne fait pas le tour du monde, car comme son nom l’indique, elle part de Paris, et donc arrivée à Londres il lui reste plus qu’à prendre l’Eurostar. Pour les puristes, Jules Verne à la sauce soft kung-fu du sympathique réalisateur-acteur-chorégraphe-élastique-producteur hongkongais, c’est sûrement un petit peu comme Les Misérables avec un happy-end. Pourtant la mayonnaise prend bien, l’aventure de Jules Verne et sa succession de tableaux, se transforment ici en chapelet de sketchs à l’humeur bien enfantine et aux gifles faciles.

Autre adaptation d’une œuvre littéraire : Shining [Virgin 17 ; 20h40]. Que les fans de Kubrick se calment, il s’agit de la version télé de Mick Garris, version télé en trois épisodes. Donc s’il vous venait subitement l’envie de bloquer vos trois prochaines soirées de jeudi (celle-ci incluse), c’est le moment. Que dire de Mick Garris (comparé à Kubrick) ? Mick Garris a une page dans Wikipedia qui nous apprend que Shining n’est pas son premier fait d’armes, et que Mick a un sacré c.v. en matière d’horreur (au sens noble du genre) à la télévision. Cet enseignement couplé à l’avis de mes collègues de http://www.programme.tv/ : « Un bon scénario, même adapté pour la télévision, reste toujours un bon scénario » me laisse personnellement dubitatif, (et puis comme chacun sait, j’ai réservé mes jeudis à Dexter).

Mes collègues de http://www.programme.tv/ semblent plutôt fans de Predatorman [NT1 ; 20h35] où un généticien crée un monstre à partir d’ADN d’un extraterrestre, manque de bol, le monstre s’échappe et c’est la panique un peu partout : « un film de science-fiction de série plutôt impressionnant. A découvrir. » Personnellement, je laisse le plaisir de la découverte à Christophe Colomb, et je poursuis l’exploration des programmes plutôt que les débarquements dans des scénarii suicidaires.

Sinon, bon, on est jeudi, donc Diane, Femme flic [TF1 ; 20h45], Envoyé Spécial [France 2 ; 20h35] que du classique… Moins classique, mais pas forcément mieux, Michelle Pfeiffer est prof dans un milieu hostile dans Esprits Rebelles [France 4 ; 20h35], film dont la notoriété reposait surtout sur Gangsta Paradise une chanson de Coolio, parfait massacrage dans les règles d’un vieux tube de Stevie Wonder. Un intérêt à ce film ? attendre le suivant, ou se préparer à comparer avec Arte le lendemain et Isabelle Adjani (de retour) en prof dans un milieu hostile ! Comparaison n’est pas raison, je le sais, mais télévision n’est pas vision non plus. (Je vous laisse méditer sur la profondeur de cette réflexion toute en parallèles délicieuses). Mais je peux tout aussi bien vous décourager avec cette bande-annonce sous-titrée en portugais...




Autre professeur en milieu hostile : Léon [M6 ; 20h40], où l’occasion de retrouver Besson dans sa veine du Grand Bleu du lundi, à savoir un gamin plutôt doué, magnifiant ses prises de vues rêvées même les plus boum-boum-paf-bling-boum-crash d’un soupçon de scénario qui manque cruellement à ses productions actuelles. Personnellement (je sais bien que je n’écris que des truc personnels), je ne me montre en aucun cas enchanté de cette diffusion de la version standard de Léon (que je n’aime pas), alors que sa version complète est mille fois mieux, densifiant le rapport entre Léon et Mathilda, par plus de révélation sur l’un, plus d’initiations (professionnelle et sentimentale) pour les deux, et plus d’intimité pour l’autre. Dans sa version longue, Léon se rapproche de la Gloria de Cassavetes (Cassavetes en moins), dans sa version courte, Léon se rapproche de Taxi (le taxi en moins).

Sinon, comme la Mathilda de Léon, Michele abandonne son enfance dans L’été où j’ai grandi [Arte ; 20h45]. Ou comment un garçon de dix ans des Pouilles dans les années 70, va être confronté à un dilemme qui le dépasse… une sorte de crime odieux, au fond d’un trou, une triste victime, une séquestration de l’enfance… Difficile d’évoquer L’été où j’ai grandi sans en dire trop sur l’instant où tout bascule. Où Michele devient un grand, subitement, en détestant les adultes.




Cette semaine est la semaine nationale de la lutte contre le cancer. J'ai bien cherché, et c'est malheureux, mais ça n'a rien à voir avec la télé, mais il n'y a même pas un site internet exclusivement réservé à l'évènement !!! Mais au moins, France 3 y a pensé ! et ceux qui comme moi, suivent Plus Belle la Vie avec passion et déraison s’en seront rendu compte, vue la découverte angoissante de Blanche en essayant un soutien-gorge chez Luna. Je vous passe les détails… Dans sa fiction du soir, La Vérité Vraie [France 3 ; 20h35] France 3 aborde une nouvelle fois le problème. Avec une fiction qui ne peut que laisser des craintes à la lecture du pitch : parce que Cathy (Béatrice Dalle) vit seule avec son fils Lulu, et comme beaucoup de mamans Cathy travaille quand Lulu est à l’école, sauf que Cathy est prestataire de services sexuels (non, parce que je sais pas écrire péripatéticienne), à cause d’un malheureux incendie, les affaires sociales s’en mêlent et veulent lui retirer la garde de Lulu, Cathy se bat avec toute sa rage, obtient gain de cause, mais là… elle apprend qu’elle est atteinte d’une tumeur au cerveau. Oui, ce pitch fait peur… Mais mes collègues de http://www.programme.tv/ me rassurent immédiatement d’un « Un récit sensible, pudique et émouvant, qui offre un rôle fort à Béatrice Dalle. » Alors comme je ne l’ai pas vu, je n’en dirai rien.

Programme bien chargé non ?

Et ce n’est pas fini. Avec la prostitution tout d’abord ! Juste après Envoyé Spécial, France 2 poursuit dans sa séance de documentaires avec Les Travailleu(r)seuses du Sexe [France 2 ; 22h45]. Un visage différent de la prostitution y est dévoilé, loin de la traite des blanches, des réseaux mafieux, il présente de véritables « prestataires de services sexuels » bien dans leur peau, en quête de reconnaissance presque, qui comparent leurs activités avec justesse à celles de n’importe quel travail manuel.

La soirée se poursuit en adaptation de littérature, avec cette fois la rencontre de Philippe K. Dick et de Steven Spielberg dans Minority Report [TF1 ; 22h40] qui prouve une fois encore que seule une bonne plume peut faire se croire Tom et Steven. Tom, Cruise en l’occurrence y est John Anderton, chef d’une escouade de choc chargé d’arrêter les criminels avant qu’ils ne commettent leurs crimes, grâce à un système quasi infaillible. Sauf que quand le systême désigne John Anderton comme le prochain criminel, celui-ci a plutôt envie de sauver sa peau que de se passer les menottes. Les adaptations des nouvelles de Philippe K. Dick au cinéma, sont généralement plutôt réussies : Blade Runner, A Scanner Darkly, Paycheck, Impostor, Planète hurlante, et dans une moindre mesure Total Recall en sont des exemples marquants. Minority Report n’échappe pas à la règle. Il assure essentiellement dans sa représentation de la société future, simple conjecture exponentielle de nos techniques actuelles (téléphone, internet, GPS, publicité ciblée…), et dans sa qualité graphique surexposée en lumière, saturée en couleurs, qui reflète tout le grisâtre habituel et âpre des écrits de Philippe K. Dick.




Mais mon cœur balance beaucoup plus pour la seconde partie de soirée de France 4 ! Ghost Dog, la voie du samouraï [France 4 ; 20h20] raconte les aventures d’un tueur à gages black (formidable Forest Whitaker léger comme une plume des pigeons qu’il élève sur sa terrasse) totalement imprégné du Bushido, et donc, véritable samouraï des temps modernes. Le respect de ses préceptes l’oblige à se retrouver confronté à ses anciens employeurs. Une telle histoire qui aurait pu facilement dériver dans le film de baston de sabres reste étrangement planante, comme une lente poésie parfois secouée d’un petit verre d’hémoglobine cul-sec. Elle tire du choc des rencontres, des langues, des mariages mixtes bancals une sympathie étrange et fascinante : un tueur à gages black cintré et samouraï à la solde de mafieux italiens a pour meilleur ami un vendeur de glaces africain qui ne parle pas un mot d’anglais (Isaac de Bankolé complètement déphasé) mais dont les dialogues vont toujours au plus juste, comme par hasard, et le hasard c’est trop de la balle… Et puis pour ceux qui aiment Day Break, la suite et fin, c’est juste après.



mercredi 18 mars 2009

Break pour le day !

Vous êtes sûrement de ces gens qui le mercredi soir arrivé, depuis quelques semaines, se mettent à pantoufler devant la télé, se branchent sur France 4 et suivent Day break. Ce soir encore plus que les semaines passées, vous êtes tout excités à l’idée de voir comment vont se finir les aventures de Brett Hopper : finira-t-il par se réveiller le lendemain ? lui et Rita vivront-ils heureux et auront-ils beaucoup d’enfants ? et pourquoi est-il tombé dans la 4ème dimension ?

Je vais vous le dire moi ! Vous aurez la réponse à une de ces trois questions mais pas ce soir. Parce que ce soir, c’est Un Gars une Fille [France 4 ; 19h45] pendant 23 épisodes.

Trois heures de Chouchou et Loulou…

En un mois de Maximgar à la Chaîne, ce n’est pas la première fois que nous mettons le doigt sur une absurdité de la programmation. Parce qu’évidemment, France 4 n’a pas perdu le DVD du feuilleton (ça au moins ce serait de l’excuse qui aurait de la gueule !) puisque les deux ultimes épisodes de Day Break passeront dans la nuit de jeudi à vendredi à 0h15, la nuit suivante à minuit, et le samedi après-midi à 14h10…

Ou c’est peut-être un subterfuge de la chaîne pour pousser les téléspectateurs sur M6, pour Ajax d’Amsterdam – OM [M6 ; 20h35] ou Dr House [TF1 ; 20h45]

Ou vers France 2, ce serait plus logique. Dans un téléfilm inédit (comme si l’inédit m’empêchait de donner mon avis), Les Poissons Marteaux [France 2 ; 20h35], Michèle Bernier retrouve sa fille handicapée mentale qu’elle avait abandonnée à la naissance. On imagine déjà l’ambiance, les débuts difficiles, le happy-end autour d’un concours de musique à l’hôpital – le concours des Poissons Marteaux – et le rapprochement entre une mère et sa fille. Et de toutes les manières, il n’y a pas Day Break !